Eaux et forêts/Arraisonnement de grumiers : Ça sent du soufre dans le nord

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Décidément, un nouveau « Kévazingogate » pourrait être en préparation dans le nord du pays. L’affaire des grumiers assaisonnés par le Ministère des eaux et forêts, à Bitam, dans la province du Woleu-Ntem et transportant du Kévazingo, telle que révélée par certains de nos confrères, commence à sentir du soufre pour certains concernés mis en cause et au point que, ulcéré, par le comportement de ces agents, le gouvernement se serait saisi du dossier pour y voir un peu plus clair.

Tout serait partie d’une simple feuille de route mal orientée d’un convoi de grumiers propriété de la société « Ultra Bois » appartenant à des opérateurs chinois et transportant des essence de bois dont du Kévazingo. Il se trouve que cette essence très prisée par les asiatiques est interdite d’exploitation au Gabon par mesure gouvernementale. Sauf sur une dérogation spéciale et aux m3 bien spécifiques. La feuille de route initiale indiquait une destination finale pour la Zone économique spéciale, relèvent des sources concordantes introduites auprès de l’administration provinciale des eaux et forêts du Woleu-Ntem, précisent nos confrères. Malheureusement, cette destination connaîtra un changement de dernière minute suite au désistement du client de Nkok au profit d’un autre client. Cette fois, basé lui, à Libreville du côté d’Owendo.

A-t-il flairé une entourloupe dans la « marchandise » qui devait lui être livrée ? Entre signatures contre signature, délivrance d’un nouveau document de traçabilité d’un nouvel itinéraire… autant d’irrégularités qui ont entachées l’opération administrative quand on sait de l’importance de la cargaison transportée. Beaucoup de facilité pourrait bien se passer entre le point de départ et l’arrivée. Au point que les autorités du Ministère en charge des eaux et forêts ont décidé de bloquer le convoi au niveau de Bitam.

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Il y’a quelques années, toujours dans les mêmes conditions, une opération similaire avait été instruite dans le Woleu-Ntem. Le bois mis sous séquestre comme pièce à conviction avait fini par s’évaporer dans la nature comme par enchantement sans trop savoir ni comment ni par qui. Surtout que la filière chinoise était mis en cause.

Depuis plusieurs années, malgré les incessants rappels à l’ordre et les sanctions pénales et administratives, l’administration des eaux et forêts est constamment gangrenée et secouée par de nombreux scandales financiers ou administratifs. De faux et usage du faux. Délivrance frauduleuse de documents d’attribution de permis d’exploitation ou de licences de transport. Trafic d’influence, corruption, etc. Tout cela au mépris de législation gabonaise et du Code forestier en vigueur. C’est d’ailleurs dans un tel engrenage que les différents cartels soutenus par des lobbies se livrent à une lutte sans merci pour le contrôle exclusif de la forêt gabonaise en soudoyant certains agents de l’administration des eaux et forets.

Thierry Mocktar

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