Entrepreunariat/La Fondation Adjouma : un modèle économique pour le développement rural

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Après avoir milité pour une Petite et moyenne entreprise (PME), Félix Onkéya – ancien député, ancien Membre du bureau politique du PDG, aujourd’hui développeur de projets et promoteur – opte pour la création de la Fondation Adjouma pour le Développement Rural (FADR). Une reconversion entrepreneuriale qui devrait permettre aux populations de l’arrière-pays de disposer de structures devant leur permettre une autonomisation de revenus et d’emplois.

Un modèle de transformation économique qui vise à accroître le développement des localités du pays par l’automatisation des populations rurales du Gabon. Le promoteur de cette initiative, Félix Onkéya, s’est prêté aux questions de nos reporters pour expliquer et sensibiliser, déjà, les masses rurales sur le bien-fondé de son action.

Question : Monsieur Félix Onkéya, pourquoi le modèle d’une Fondation en lieu et place d’une Suarl comme initialement proposé ?

Réponse: Durant l’été dernier, j’ai lancé les activités d’Adjouma Ingeeniering Agricole (AIA) dans le département de Bayi-Brikolo (Aboumi). Une structure qui, initialement, devait s’occuper de tout ce qui est transformation : noix de palme, tubercules de manioc, foufou, fabrication de briques de terre cuite, etc. Je me suis rendu compte qu’une entreprise ayant des exigences technique et de rentabilité financière allait, uniquement, concentré ses efforts dans le sens du profit. Mon passage comme député à l’Assemblée nationale et aujourd’hui promoteur du développement économique m’amène parfois à poser des actes qui ne sont pas des actes à caractère rentable financierement, mais des actes qui ont une forte rentabilité sociale. Pour aller au-delà de l’entreprise AIA, il fallait donc créer une structure beaucoup plus large, et qui intègre à la fois les activités productives et les actions en faveur de l’appui aux populations. La Fondation Adjouma pour le Développement Rural (FADR) semble être, pour moi, le cadre idéal et approprié. Parce que cette structure nouvelle héberge en son sein les Activites génératrices de revenus (AGR), les activités d’appui au monde rural, l’appui aux populations, l’aide à l’autonomisation, etc. C’est pourquoi je suis passé du stade de société AIA à celui de Fondation.

Question : Qu’est-ce qui motive la nouvelle dénomination de la structure ?

Réponse : Autant la petite société à un spectre limité autant la Fondation a un spectre beaucoup plus large. Notamment à l’international. Où avec l’accompagnement des structures partenaires, la FADR pourra bénéficier des aides multiformes, dont des programmes de formation afin d’être mieux outillée, ce qui n’est pas le cas pour ce qui est d’une entreprise. J’ai été récemment, émerveillé, au Benin, par les activités d’une structure identique qui fait dans le développement agricole. Il y’a une volonté de partenariat qui peut s’affirmer avec d’autres structures (locale et extérieure) qui ont évoluer dans le cadre de la promotion agricole au niveau de l’Afrique. Je m’inscris dans cette initiative pour apporter aux populations de l’arrière-pays cette expertise d’autonomisation et cette prise en charge dont c’est l’objectif ici. La Fondation pourra aussi être en relation directe avec les populations locales de manière à travailler en synergie pour faire en sorte que l’action soit totale et globale. L’autre aspect c’est celui des représentations diplomatiques qui œuvrent pour l’appui aux communautés rurales et aux Collectivités locales. La FADR pourra, évidemment, solliciter leur compétences en cas de besoin. Car la Fondation tend à être un cadre proche des populations rurales de manière à les accompagner dans le domaine éducatif, sanitaire et pourquoi pas commercial.

Question : A quoi les populations peuvent s’attendre au nouveau modèle que vous préconiser ?

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Réponse : Ce modèle a un seul objectif. Amener les populations à être plus entreprenantes afin de les aidées à vivre de leurs activités au niveau du terroir. C’est la matérialisation du volet solidarité impulsé par le chef de l’État, Ali Bongo Ondimba que nous mettons ainsi en oeuvre. En lançant ce projet, il y avait un impact immédiat sur les populations. Et un impact indirect sur la Fondation qui pourra solliciter un appui en offre de santé, de l’éducation, de la route, etc. La Fondation pourra aussi monter des projets avec certains partenaires extérieurs pour permettre aux populations de passer des techniques culturelles traditionnelles aux techniques agricoles plus modernes. Cela permettra aussi une augmentation de la cadence, du rendement de la production en générale afin que ces populations vivent de leur propre travail. C’est cela l’objectif de la Fondation Adjouma pour le développement rural qui s’inscrit dans la droite ligne de ce que veulent aujourd’hui les organismes internationaux et le gouvernement de la République en matière de lutte contre la pauvreté et contre l’exclusion sociale.

Question : Quand est ce que vous comptez réellement lancer les activités de la Fondation ?

Réponse : La Fondation Adjouma pour le développement rural est entrain de construire l’atelier qui va abriter les différentes unités de transformation. Tant plus que FADR s’appuie sur l’existant des réalisations effectuées sur le terrain. Pour répondre à votre question, les activités seront réellement opérationnelles dès que l’ensemble des éléments seront déposés auprès des pouvoirs publics pour être en phase avec la loi 2/2000 relative aux Fondations en vue de la délivrance d’un décret de reconnaissance d’utilité publique.

Question : De quelle manière entrevoyer-vous l’organisation de ces activités ?

Réponse : Conformément aux textes et au modèle de Fondation qui nous a été proposé par le Ministère de l’intérieur, la structure doit être composée d’un Conseil d’administration en tant qu’organe de décision et de délibération, et d’une direction générale comme organe d’exécution. Le Conseil d’administration sera constitué de personnes ressources (physique et morale). Il y’a par exemple, Madame Edith Massounga Delanglade, originaire de Ndendé, et surtout qui a reçue le Prix de la Femme décerné par le Président de la République, Son Excellence, Ali Bongo Ondimba. Elle a suffisamment démontrée à travers son association « Murime » quelle est capable d’encadrer le monde rural dans notre pays. Nous voulons, à cet effet, un Conseil d’administration proche des populations qui interviendra aussi bien à Aboumi, Ndendé, Oyem… par exemple, où nous avons également associer des personnalités et cadres de cette localité spécialisés en montage de projets. Afin de donner à notre Fondation une dimension opérationnelle d’appropriation et de règlement des problèmes au niveau de la communauté rurale. Donc l’appui aux populations demeure le projet phare de cette initiative. Les contraintes liées à la mise en œuvre d’une Fondation va nous imposer une gestion rigoureuse des maigres ressources que nous allons avoir. Raison pour laquelle sera présentes au sein du Conseil d’administration comme personnes ressources des gens qui ont gérés des projets d’importance dans le pays.

Question : Tenant compte de l’étendue du marché ne trouvez vous pas nécessaire d’en faire une structure supranationale ?

Réponse : Il faut aller d’étape en étape. Les Fondations qui ont évoluées dans le cadre du développement rural ont commencées à petite échelle. Les expériences, réussites ou échecs les ont amené à se développer prudemment. Nous, nous voulons d’abord sélectionner quelques sites d’intervention. Faire des projets intégrés qui englobent plusieurs activités : agriculture, élevage, pisciculture. Tout cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il faut aller progressivement avec des ressources humaines expérimentées et disponibles. Le site d’intervention sera certainement Aboumi dans le Haut-Ogooué. Ensuite on ira du côté de Ndendé où il y’a déjà un support à travers Madame Edith Massounga Delanglade. Nous voulons que la FADR soit un projet évolutif.

Question : Comme mot de fin, quelle est la place que vous réservez aux jeunes dans votre projet ?

Réponse : Ecoutez, nous savons tous que les jeunes, en milieu rural, sont frappés par les effets du chômage. Les travaux que nous allons mettre en œuvre ne seront pas d’une technique aussi extraordinaire pour laisser cette catégorie de compatriotes de côté. C’est pour les jeunes faisons ce travail. C’est pour permettre qu’en zone rurale il y’ai des Activités Génératrices de Revenus qui résorbent le chômage afin de permettre à nos jeunes, dans nos villages, de s’autonomiser, devenir des gens responsables et tirer du bénéfice de leurs efforts au travail de la terre et des activités connexes du monde rural. Enfin permettre à ces gens de devenir des bâtisseurs du Gabon de demain. Parce que le développement du pays passe par la valorisation du monde rural. Parce que si l’Afrique parvient à se nourrir d’elle-même, c’est que l’Afrique peut également se soigner, envoyer ses enfants à l’école pour se former. Et l’Afrique sera le premier continent de demain. C’est la matérialisation de ces défis qu’entendent de nous les plus hautes Autorités du pays, en têtes desquelles, le Président de la République, Son Excellence Ali Bongo Ondimba.

Edgard Mombo

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