Un braqueur empoisonné par sa mère en Côte d’Ivoire

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L’homme prends parfois certaines décisions sous l’emprise de la colère avant de se plonger dans un regret. Voilà l’histoire de Raïssa Kassy une dame qui a empoissonné son fils pour braquage. Elle raconte son histoire.

Je suis Raïssa Kassy , une femme comorienne vivant sur le territoire ivoirien depuis 1970 avec ma famille dans la région de Sinématiali . Et aujourd’hui, je suis âgée de 65 ans. Cependant, je vais vous raconter une histoire d’il y’a 15 ans de cela. Une histoire que je suis l’une des protagonistes.

À l’époque, j’avais 35 ans et j’étais une commerçante qui voyageait beaucoup. Je partais dans les villages pour acheter des marchandises et revenais les vendre à Sinématiali tout comme je partais en vendre aussi dans d’autres villages. C’était donc un travail plaisant pour moi.

J’avais trois enfants dont un garçon de 17 ans et deux filles de 11 et 14 ans. Et malgré les coups de la vie, j’étais toujours honnête et gentille. Pour cela, j’étais respectée par tous ceux qui me connaissaient. Ces différentes qualités poussaient d’autres femmes à me donner de l’argent pour faire des achats pour elles aussi.

Cependant, un soir, alors que je venais d’un village avec de nombreuses autres personnes, notre mini-car à eu un problème. Il faisait déjà nuit. C’est comme si on savait que quelques choses de mal allait arriver.

Alors que nous étions à 18 kilomètres de Sinématiali, nous avons été attaqué par des braqueurs ou coupeurs de route lourdement armés. C’était le chaos total. Ils nous ont fait descendre de la voiture avant de nous prendre tout ce qu’on avait.

Mais il y avait un monsieur dans notre mini-car qui n’a pas voulu se soumettre à leurs ordres et a voulu prendre la poudre d’escampette. Un des braqueurs l’a abattu froidement devant tout le monde.

Ce jour-là, j’ai eu pitié de moi-même, du monsieur qui venait de perdre la vie subitement et aussi de tous ceux qui sont victimes de ces agressions. Et quand j’ai commencé à trembler, un d’entre-eux est venu vers moi. Je pensais que c’était la fin de mon existence sur cette terre.

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J’ai alors commencé à penser à mes enfants et ma famille. Mais quand il s’est approché de moi, il n’a pas dit un seul mot. Il a juste pris mon foulard que mon amie m’avait remis et qui était rare à trouver sur le marché local.

Ils l’ont alors utilisé pour emballer tous les biens pris avant de déguerpir. Nous venions d’avoir la vie sauve mais de tout perdre contrairement au mort.

Une semaine après cet inimaginable incident, j’ai connu la chose la plus foudroyante de ma vie. J’ai eu plus peur que le jour de l’attaque lui-même. Alors que mon fils ne se sentais pas bien, je suis allé dans sa chambre pour lui trouver quelque chose.

Surprise, j’ai vu un foulard qui ressemblait énormément au mien. Et bien, je me disais que ça pouvait pas être le mien et je priais même pour ne pas que ça soit cela. Mais malheureusement, c’était le mien après vérification.

Comment pouvais-je retrouver dans la chambre de mon fils un foulard que j’avais perdu dans un braquage ? Je n’y croyais pas. Je savais pas comment il avait pu l’avoir mais c’était bel et bien le mien. Je lui avais posé la question concernant sa provenance et il m’a dit qu’il l’avait acheté pour moi.

Automatiquement, j’ai su ce qui se passait. Sans vraiment vouloir le dire, mon enfant faisait partie du groupe de malfrats qui nous avait attaqué et vu la situation, il était leur chef. Pourtant, il n’avait que 17 ans. J’ai commencé à faire le film de tout ce qui s’était passé cette nuit-là y comprise la mort de cet innocent.

Et sur le champ, j’ai pris la décision de me débarrasser de lui. Je l’ai donc empoisonné en mettant du poison dans sa nourriture. Deux jours après, il est mort. C’est comme ça que j’ai empoisonné mon fils pour braquage. Je me sens un peu coupable à chaque fois que je raconte cette histoire.

Mais je me dis qu’il valait la peine de le faire pour ne pas que d’autres subissent de sa part, le même sort que ce monsieur qui a perdu tragiquement la vie. Que feriez-vous si vous étiez à ma place?

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