Donguila : Enclavés, les gabonais réclament la route

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Face au très mauvais état de l’unique voie de communication qui accède à leur localité, les populations de la bourgade de Donguila, dans le département du Komo-Mondah, ne savent plus où se donner la tête ni à quel Saint se vouer. Leur marginalisation pourrait être l’intitulé du titre d’une œuvre cinématographique : « Les oubliés de la transition ». Tant même les promesses qui leur ont été faites par les politiques locaux d’améliorer leur voie de communication tardent à se concrétiser. De quoi susciter des inquiétudes quant à l’avenir et leurs conditions de vie. D’où les regards se portent désormais vers les Autorités du Comité de transition pour la Restauration des Institutions et le pragmatisme des hommes en treillis comme moyen ultime pour se faire entendre.

Avec les fortes intempéries qui s’abattent dans le pays ces derniers temps, les usagers de l’axe Ntoum-Donguila, sont désormais sans voix. Au regard de la « démission » des pouvoirs publics face à leur localité. Tant la route, ou ce qu’il y’a lieu d’appeler ainsi, digne d’un véritable sentier de la première guerre mondiale, qui y conduit sur un linéaire en latérite d’à peine 28 kilomètres, s’est dangereusement dégradée avec des risques d’effondrement des ponts en bois existants sous le poids de l’âge. Empêchant les rares véhicules de s’y risquer dans cette patinoire.

Pourtant à travers son passé élogieux, la mission catholique éponyme « Saint-Paul« , implantée depuis 1878 dans la localité de Donguila, demeure un symbole qui pourrait favoriser l’essor de l’écotourisme. Alors qu’une grande majorité de l’élite du pays aurait façonné son épanouissement moral, humain et spirituel dans la contrée.

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L’abandon total en l’état par les pouvoirs publics de la route Ntoum-Donguila constitue pour les populations, l’expression davantage de frustration. « Nous sommes outrés, déçus de voir que les routes praticables sont faites ailleurs, mais pas chez nous. Alors que nous sommes à quelques kilomètres de la capitale du pays. C’est vraiment une injustice sociale. Car je dois rentrer à la maison sept kilomètres plus loin et il n’y a pas de voitures », a confié en langue vernaculaire à notre reporter une riveraine rencontrée panier au dos sous une forte adverse au niveau du village Élong-Ékoh.

À forte consonance paysannes, les populations du cru qui n’ont que seules ressources leurs activités agricoles vivent du fruit de leurs efforts en produits de pêche, l’artisanat ou issues des cultures vivrières.

Autrefois, douillet et grouillant à la fois, la bourgade de Donguila, ancien quartier latin du Komo Mondah est aujourd’hui une localité qui se meurt à cause de l’exode rural et de l’absence d’un tissu économique. Dont la principale cause serait l’impraticabilité du réseau routier en toutes saisons.

Thierry Mocktar

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