Gabon/Politique : « Nous sommes en recul sur le plan démocratique. Le pluralisme politique a été complètement dévoyé » dixit Erichk Mauro Nguemah

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Le Morena Unioniste a célébré, le week-end écoulé, la cérémonie actant son 31e anniversaire, de même que sa rentrée politique, les scrutins de 2023 s’approchant à grandes enjambées. Un événement particulier, au cours duquel Erichk Mauro Nguemah, leader de cette formation politique, a souhaité échanger avec la presse nationale et internationale.

Mercredi 31 mai 2023, au siège dudit parti, au quartier Akébé-ville dans le 3e arrondissement de la commune de Libreville, c’est à bâton rompu que le leader du Morena Unioniste s’est prêté au jeu de questions-réponses peu après son propos liminaire. Il a, par cette occasion, peint un tableau sombre de l’alternance politique au Gabon.

En effet, Erichk Mauro a décrit l’évolution de la démocratie politique pouvant permettre un gage pour des élections crédibles.
Cependant, de son point de vue, le Gabon n’a fait que régresser sur tous les sujets, à commencer par le politique. « Nous sommes sur le plan démocratique en recul, en net recul. En effet, le pluralisme politique a été complètement dévoyé », a-t-il souligné.

Rappelant les faits historiques, il a voulu que l’histoire politique du Gabon, telle que dessinée par les pères fondateurs du Morena, était que le pluralisme démocratique constitue le fondement de leur combat au régime. Ainsi, l’univers politique devrait donc tout naturellement favoriser l’alternance, ceci pour échapper à la confiscation du pouvoir par des individus, et de ne servir qu’une ambition exclusive, la conservation du pouvoir par tous les moyens. Et, 33 ans plus tard, les résultats sur le plan politique sont à déplorer.

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De ce bref rappel, Erichk Mauro Nguemah a ainsi justifié que tout ceci a pour effet que les élections sont le plus souvent touchées par les partis pris des institutions et des autorités chargées de les réguler.

Pour Mauro Nguemah, la mécanique électorale est grippée, non seulement en raison de l’absence d’un marché actif et concurrentielle des idées, mais aussi en raison du mauvais système électoral, le mauvais découpage des circonscriptions et le bourrage des urnes.

« Le peuple a été dessaisi de son pouvoir décisif d’arbitrage des élections », a estimé le président du Morena Unioniste.

« Il appartient maintenant aux autres, dont je suis, de chercher les voies d’un retour à l’inclusion, à l’apaisement et à la
confiance populaire sans laquelle aucun redressement n’est envisageable », a-t-il renchéri.

« Je suggère à cet effet l’ouverture dans les meilleurs délais comme en 1989, quand nous discutions à Paris sans crainte de l’autre et sans stigmatisation, une conférence nationale économique et sociale », a-t-il conclu.

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