« L’ Afrique se porterait mieux si tout le monde acceptait la limitation du nombre de mandats à deux tours » dixit Abdou Diouf

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Un peu plus de deux semaines après la chute de Blaise Compaoré, Abdou Diouf confiait au journal Le Monde que « l’Afrique se porterait mieux si tout le monde acceptait la limitation des mandats à deux tours ». L’ancien président du Sénégal attendait la désignation de son successeur au poste de secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lorsqu’il a été invité par Le Monde à se prononcer sur la chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso. Une chute survenue à cause de la volonté de Compaoré de modifier la constitution pour briguer un nouveau mandat.

Pensez-vous que le « cas Compaoré » au Burkina Faso va faire changer d’avis les dirigeants africains qui projettent de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir ?
A cette question, voici ce qu’il répondit.
« Je suis sûr que cela les fera réfléchir. Nous, à la Francophonie, avons la déclaration de Bamako adoptée en 2000. Cette norme, en termes de démocratie et d’Etat de droit, dit que la Francophonie est contre toute modification subreptice des Constitutions ou du droit électoral à quelques mois d’élections. Lorsque l’on veut modifier la loi fondamentale, il faut un consensus entre les différents acteurs politiques.Je préférerais que l’on ne modifie pas les lois fondamentales mais si cela répond à des impératifs nationaux, alors, il faut un consensus ».

Hier, Geneviève Goëtzinger, ancienne Directrice Générale de RFI a rappelé la phrase d’Abdou Diouf. Elle qui suit bien la scène politique ivoirienne sait que la chute de Compaoré n’a pas servi de Leçon à Ouattara. Lui s’y est pris très vite au lendemain de sa réélection en 2015. Aujourd’hui il est candidat pour un 3ème mandat . Et la Côte d’Ivoire se porte très mal depuis l’annonce de cette candidature controversée. Une controverse autour d’une candidature jugée non conforme à la constitution modifiée en 2016. Cette modification n’a pas été consensuelle. L’opposition avait appelé à un boycott. Mais Alassane Ouattara s’était entêté.

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Pendant la campagne pour le Oui, ses ministres avaient défendu que la nouvelle constitution ne permettrait pas au Chef de l’Etat sortant de briguer un 3ème mandat. Aujourd’hui, tous dise le contraire.

Et voilà que la Côte d’Ivoire revit des jours sombres à un peu plus d’un mois d’un scrutin auquel ne pourront participer Guillaume Soro et Laurent Gbagbo exclu de la compétition par la Commission Electorale et le Conseil constitutionnel, deux organes aussi non consensuels.

Source: audace24.com

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