La provincialisation une issue pour le développement du Gabon selon Pierre Claver Maganga Moussavou

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Libreville, le 17 juin 2021- (Actualites 241). Le president du PSD, Pierre-Claver MAGANGA MOUSSAVOU propose comme alternative pour le développement du Gabon la provincialisation, pour un épanouissement radieux de nos communes, nos départements et nos districts.

Ce schème de pensée que notre pays gagnerait à rendre effectif permettrait de reconstruire, réorganiser la gestion de l’Etat pour la construction globale du pays et de chaque collectivité territoriale. Une véritable révolution, une rupture épistémologique qui viendrait changer et transformer positivement le fonctionnement de l’État central et démontrerait la prise en compte véritable des préoccupations des collectivités territoriales ou locales. Ainsi, les provinces seraient remis à niveau, une péréquation en faveur des régions défavorisées, une égale répartition des revenus de l’Etat. L’intérieur du pays serait enivré, n’attendrait plus ”tout” de l’Etat central. C’est la politique de la Décentralisation et de la Déconcentration, une délégation de certaines attributions de l’Etat aux collectivités locales et l’installation des services administratifs.

Dans ce dispositif, le personnel et auxiliaires de commandement, les élus locaux travailleraient en tendem, veilleraient et assureraient la continuité, la gestion de l’Etat à l’intérieur du pays. L’Etat central aurait donc  des femmes et hommes autorisés, qui ont sa confiance et assureraient son relais sous, évidemment, sa surveillance. Une gestion décentralisée de l’Etat central qui indique une délocalisation, un démembrement de la souveraineté de l’Etat et même une décompression des administrations publiques puisqu’il y aurait une gestion des collectivités déconcentrées qui compterait sur ces femmes et hommes responsables et soucieux du bien-être de leurs populations. Précisons qu’ils vivent, enregistrent au quotidien leurs revendications, préoccupations, lamentations…

Les communes et départements seraient on ne peut plus autonomes, n’attendraient plus que ”tout” viennent du grand Libreville. Les Gouverneurs, Préfets, chefs de cantons, de villages, de regroupements et élus locaux auraient des moyens conséquents et suffisants pour répondre efficacement aux problèmes des populations du reste du pays, l’arrière-pays, un grand reste. L’Etat procèderait alors à la théorie d’une économie ajustée, à un équilibre de gestion qui boosterait de façon significative et pérenne le développement.

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Ce qui précède éviterait, à l’avenir, ce qui s’est passé récemment à Mékambo dans l’Ogooué Ivindo. Un préfet désavoué par ses populations, expulsé de sa résidence parce que considéré comme un des responsables à l’origine du laxisme de l’Etat central face au rapprochement des pachydermes qui dévastent leurs plantations (un conflit Homme- Faune qui n’a que trop duré sous le regard impuissant de ceux qui sont censés assurer le bien-être des populations). Et l’arrestation du patron de la ville, le maire, un élu local, un proche des populations, démontre assurément et malheureusement, que l’Etat central concentre tout et que l’intérieur du pays n’a pas de fonds conséquents pour répondre aux attentes de nos populations. Ce qui est très grave puisque nous déplorons aujourd’hui le décès d’un garde forestier et un mouvement de contestation violent des populations de cette localité.

Mékambo n’est qu’une illustration, il y en a bien d’autres. Les exemples sont multiples. Dans l’éducation, les réfections des établissements scolaires victimes des intempéries, attendent la réactivité de l’Education Nationale et non des Gouverneurs et des Directeurs d’académies provinciales (DAP) qui n’ont pas de budget indiqué pour réparer rapidement et efficacement un désagrément. Réparer les dégâts causés par les intempéries, une impossibilité !

Or, en tant qu’instrument de développement, la Provincialisation apparaît comme un puissant outil de transformation de l’arrière pays puisque la transformation se ferait dans les différentes provinces sous le contrôle rigoureux de l’Etat central.

Au Gabon, jusqu’à ce jour, la loi sur la Décentralisation semble un leurre, une vue de l’esprit. On en parle sans mesurer l’urgence de cette politique. On continue de tout concentrer, de tout comprimer, de s’accaparer de la gestion en oubliant que nos provinces manquent encore presque de tout.

Avec la Provincialisation, notre pays s’inscrira dans un nouvel ordre politique, une politique de réajustement, un constructivisme, une complétude institutionnelle. C’est dans ce sens que la Provincialisation sonne comme une véritable révolution, un puissant outil de transformation.

Je vous remercie.

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