Transition : l’Estuaire serait-elle en phase d’un déclin politique ?

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Se rangeant très tôt en soutien à la politique naissante de « la Rénovation » conduite par le très jeune président d’alors, Albert -Bernard (devenu plus tard Omar) Bongo Ondimba, la province de l’Estuaire venait à sceller un long contrat de confiance et de fidélité à la succession de Léon Mba.

Malgré une élite cosmopolite, la première province du Gabon ne s’est jamais imposée comme un véritable ouragan politique sur la scène nationale. Beaucoup ayant privilégié les promotions politiques et administratives au moindre effort. Au contraire, l’Estuaire s’est illustrée par la contestation de ses figures emblématiques à l’encontre du régime depuis Jean- Hilaire Aubame.

Jean-Baptiste Obiang Étoughé, Jean-Pierre Nzoghe Nguema, Paul Mba Abessole en seront d’ailleurs des piliers de la fronde. Avant que, de par ses stratégies politiques, le défunt président ne fasse de l’ancien prêtre des abbayes de la congrégation des « Jésuites » son principal allié politique contre l’opposition de la décennie 90 au lendemain de la Conférence nationale. L’ancien leader « bûcheron » aurait d’ailleurs pu, à la mort d’Omar Bongo Ondimba, se prononcer comme son digne héritier, il n’y aurait eu aucune contestation. Mais l’homme a fini par plonger dans une obscure démarche. Quasiment présents à la tête des gouvernements sous Omar Bongo Ondimba, les ressortissants fang auraient plutôt privilégié leurs intérêts personnels. Et ceux du bien-être sociétal des « fils à papa » ou certains de leurs proches en tournant le dos au renouvellement politique de l’élite dans la province. Favorisant autour d’eux, l’émergence de clans d’intérêts au détriment du bien-être communautaire. Quel héritage aurait pu léguer à ce jour ces « pionniers » à leur landerneau ?

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Se contentant d’occuper majoritairement le Secrétariat général de la présidence de la République pendant près de cinq décennies, la communauté rivale (mpongwè-myèné) n’a pas non plus émergé. Cela se traduit par leur méconnaissance, par certains de leurs cadres, des tréfonds de la province. Le parfait exemple, Rose-christiane Ossouka Raponda, alors Première ministre puis Vice-présidente de la République, du haut de ces fonctions en tant que premier responsable politique de la province, n’aurait entrepris aucune visite en allant à la rencontre des populations de sa province natale. Focalisant son action rien que dans la capitale.

Depuis l’avènement d’une transition militaire au Gabon, mettant au tapis ces privilèges indus, on observe beaucoup plus le déclin des acteurs politiques de l’Estuaire sur la scène nationale. À l’inverse de cette situation volontaire, dans d’autres localités du pays, anciens dignitaires du système ou ceux de l’ancienne opposition, demeurent mobilisé pour l’accompagnement de l’action du Comité de transition pour la restauration des valeurs (CTRI). Même ceux que l’on estimait comme Alexandre Barro Chambrier (ABC) ont aussi fini par plier l’échine pour se mettre au diapason de la transition.

La nomination récente de ce dernier est beaucoup plus perçue par de nombreux observateurs comme étant le résultat d’un baroud personnel plutôt que l’engagement d’un réel volontarisme politique. Dont le père, le regretté Docteur Marcel-Éloi Randy Chambrier passait plus pour être l’un des concepteurs de la politique de « la Rénovation ».

Thierry Mocktar

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