Arrestation de Ghislain Malanda!

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Communication  de Dynamique Unitaire Suite à l’arrestation de Ghislain Malanda, qui a été interpellé depuis le vendredi 23 octobre 2020. Aujourd’hui il est à sa deuxième nuit passé en cellule à la direction générale des recherches (DGR).

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Ce dimanche 25 octobre 2020 Ghislain MALANDA, Président du syndicat des personnels du Ministère en charge des transports et de l’aviation civile (SAMTAC), a passé sa deuxième nuit dans les geôles de la Direction Générale des Recherches (DGR), service d’investigations judiciaires de la Gendarmerie nationale rattaché à la Présidence de la République. Le seul motif de son arrestation est la manifestation du droit de grève à son lieu de travail au ministère en charge des transports.

Au piquet de grève Ghislain MALANDA a fait un point de presse dans lequel il fustige le comportement de son Ministre de tutelle qui depuis plus de 4 mois, les mène en bateau dans la résolution des revendications du SAMTAC. Il a avec insistance demandé le départ de celui-ci et les grévistes présents, pour symboliser cette demande, ont fabriqué sous forme de caricature un cercueil en papier incrusté de l’effigie du Ministre.
Les caricatures dans le monde syndical sont courantes et ne peuvent pas faire l’objet d’une garde à vue dans un pays qui se dit démocratique et attaché à l’Etat de droit. La fabrication des cercueils en papier ne signifie pas la mort du Ministre. Cette vieille pratique a souvent été utilisée depuis plusieurs années au Gabon et partout dans le monde. Le cercueil en papier avec l’effigie d’une personne marquent plutôt l’enterrement des problèmes par la personne dont l’effigie est sur le cercueil, et en l’occurrence c’est le ministre en charge des transports. Au fil des années les croyances ont evolué.et la peur de la mort fait penser à certains responsables, à tort d’ailleurs, qu’il s’agit d’un souhait macabre manifesté par les grévistes. Heureusement, tous les ministres ne réagissent pas comme le Ministre des transports. C’est la première fois qu’un syndicaliste est arrêté pour de telles caricatures.
Le Ministre est responsable de tout ce qui arrive au camarade Ghislain MALANDA. Tous les évènements se sont déroulés au Ministère des transports. Il s’agit d’un lieu fermé placé sous l’autorité du Ministre. Aucune arrestation ne peut se faire sur cet espace sans l’autorisation du chef des lieux.
Dans ma petite expérience j’ai assisté à une situation similaire au ministère de l’éducation nationale où le Secrétaire général du Ministère a demandé aux forces de l’ordre d’intervenir, suite à un piquet de grève bruyant avec les mêmes caricatures. Informé, le Ministre a demandé aux agents des forces de sécurité de ne procéder à aucune arrestation, sauf si les grévistes détruisaient des biens. La manifestation s’est poursuivie pacifiquement. A cette époque on avait des vrais Ministres.
Ghislain MALANDA est gardé à vue par la simple volonté du Ministre des transports. Il a entamé la grève de la faim alors qu’il est malade. Le Ministre en charge des transports et ses faire-valoir endosseront toute la responsabilité s’il lui arrive un problème. Les organisations syndicales se réserve le droit d’ester en justice le Ministre et ses complices auprès des juridictions internationales pour enlèvement et séquestration d’un syndicaliste dans l’exercice de ses fonctions.
Je demande aux responsables syndicaux du Ministère des transports de convoquer une assemblée générale extraordinaire le plus vite possible, au cours de laquelle seront exigés la libération inconditionnelle de Ghislain MALANDA et le dégagement de ce Ministre incompétent et poltron qui livre ses administrés. Au lieu d’un cercueil en papier, j’exhorte les personnels en grève dudit Ministère à commander auprès des pompes funèbres un véritable cercueil.
Par ailleurs, j’interpelle la communauté internationale face à des telles dérives et violations des libertés syndicales afin que le Gabon soit mis au banc des accusés. Car, le crime de lèse-majesté commis par les personnels en grève au Ministère des transports est de réclamer bruyamment le paiement de plusieurs arriérés de primes détournées par les différents dirigeants du Ministère. La garde à vue de Ghislain MALANDA n’a-t-elle pas pour seul objectif de décapiter le mouvement de grève en semant la peur parmi les grévistes ? En quoi la fabrication et l’exposition d’un cercueil en papier avec l’effigie d’une personne dans la cadre d’un mouvement de grève constituent-elles un délit ou un crime par le Code Pénal en vigueur ?
Face aux dérives sus mentionnées, tout syndicaliste ou citoyen épris de justice et de liberté ne doit rester insensible. J’appelle donc à l’unité syndicale et citoyenne. Mobilisons-nous pour la libération de Ghislain MALANDA. Assistons nombreux à la prochaine assemblée générale de tous les travailleurs dudit ministère. Unis, nous vaincrons.
Jean Rémy YAMA

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